Le sport comme fil rouge
Chez David Quillérou, le sport n'est pas un simple loisir. C'est un fil rouge. « J'adore tout : le foot, le tennis, le Tour de France, le rugby… », résume-t-il. Ancien joueur de football, il a longtemps chaussé les crampons avant qu'une succession de blessures, dont une fracture du nez et une clavicule cassée, ne le pousse à tourner la page. Pas question pourtant de s'éloigner des terrains. Le Carhaisien a simplement changé de manière de vivre sa passion. Aujourd'hui technicien ski et vélo, il enchaîne les saisons, notamment à Courchevel. L'hiver, il prépare et répare le matériel des vacanciers. L'été, il multiplie les projets. C'est d'ailleurs grâce à plusieurs années d'économies qu'il va pouvoir réaliser son rêve américain. « Cela fait presque trois ans que je prépare ce voyage », confie-t-il. Infatigable, lui qui prévoit d'arriver à New York la veille du match de l'équipe de France contre le Sénégal, espère bien enchaîner, en soirée, avec un match de basket de la NBA.
Entre 8 000 et 10 000 € de budget
Le déclic remonte au tirage au sort du 5 décembre dernier. Avant même de connaître les affiches, il avait ciblé New York, Philadelphie et Boston. Lorsque la France a hérité du groupe correspondant à cette zone géographique, il n'a pas hésité longtemps. Une semaine plus tard, les billets étaient achetés. Coût des deux matches France-Sénégal et France-Irak : près de 1 000 €. Le budget total pourrait atteindre entre 8 000 et 10 000 €.
Le 15 juin, David décollera seul. Six jours à New York, deux à Philadelphie, puis direction Miami avant un détour par le Mexique et même le Brésil, où il retrouvera des amis rencontrés en 2014. Une véritable expédition d'un mois. « Les souvenirs n'ont pas de prix », sourit-il. Car des souvenirs, il en collectionne déjà . Lors du Mondial brésilien, il avait vu 61 des 64 matches, en stade, à la télévision ou dans les fan-zones. « Les seuls matches que je n'ai pas vus, c'est parce que j'étais en transfert entre deux villes », explique-t-il. Parmi les anecdotes qu'il raconte volontiers figure cette demi-finale historique remportée 7-1 par l'Allemagne contre le Brésil. « Un copain est parti prendre sa douche à 1-0. Quand il est ressorti, il y avait 5-0 ! ». Autre scène mémorable : la finale Allemagne-Argentine à Rio. Après le but de Mario Götze en prolongation, l'ambiance s'échauffe. « Les Argentins se sont mis à courir partout. Moi aussi je courais, mais je ne savais même pas pourquoi ! » raconte-t-il en riant.
Une réplique de la Coupe du monde en guise de porte-bonheur
Pour son voyage américain, David a déjà prévu son attirail : un drapeau breton, un drapeau français, du maquillage tricolore et surtout une réplique en résine de la Coupe du monde achetée en 2018. Son talisman. « Je vais l'emmener partout. À la plage, au restaurant… Cela permettra aussi de rencontrer des gens ». Supporter discret mais déterminé, il rêve d'une finale France-Brésil. En attendant, il savoure déjà l'aventure. L'appréhension existe malgré tout. Non pas à cause des matches, mais parce qu'il part seul. Pourtant, c'est aussi ce défi qui le motive. Entre les stades, les fan-zones et peut-être une soirée autour du Madison Square Garden lors des finales NBA, David entend bien profiter de chaque instant.





